Bien repasser, et repasser moins

repassage

Le repassage se juge à deux choses : le résultat et le temps passé. La technique améliore le premier ; l'organisation du linge réduit le second, et c'est de loin le levier le plus efficace.

Les températures, dans l'ordre

Les fers portent trois points : un pour les fibres synthétiques et la soie, autour de 110 degrés ; deux pour la laine et le polyester mélangé, autour de 150 ; trois pour le coton et le lin, jusqu'à 200.

La règle pratique est de commencer par les matières les plus délicates et de monter progressivement : un fer refroidit lentement et se réchauffe vite. Trier le panier par température avant de commencer évite les attentes et les accidents.

Un textile brillant, luisant après passage, a été repassé trop chaud ou sur l'endroit sans protection. Sur la laine, les mélanges et les tissus foncés, on repasse sur l'envers ou sous une pattemouille, un linge de coton humide posé entre le fer et le vêtement.

L'humidité fait le travail

C'est le point que la plupart des gens ignorent : ce n'est pas la chaleur qui défait le pli, c'est la vapeur. Les fibres se détendent quand elles sont humides et se figent en refroidissant dans la forme qu'on leur donne.

D'où deux conséquences. Repasser un linge légèrement humide, sorti du sèche-linge ou de l'étendage avant séchage complet, demande deux fois moins d'effort. Et laisser refroidir le vêtement à plat ou sur cintre avant de le plier fixe le résultat, le plier chaud crée immédiatement de nouveaux plis.

L'ordre des gestes

Pour une chemise, l'ordre qui fonctionne est constant : le col d'abord, à plat, de la pointe vers le milieu ; les poignets, ouverts, envers puis endroit ; les manches, en alignant les coutures ; les empiècements d'épaules sur la pointe de la table ; puis le dos et enfin les devants, en contournant les boutons plutôt qu'en passant dessus.

Pour un pantalon, on repasse d'abord la ceinture et les poches à plat, puis les jambes superposées, en alignant les coutures intérieures, c'est cet alignement qui donne le pli droit, pas le fer.

Le sens compte : on repasse dans le sens du fil, sans appuyer, en laissant glisser. Appuyer marque le tissu et fatigue le poignet sans améliorer le résultat.

Lire les symboles d'entretien

L'étiquette suit une norme internationale. Le fer stylisé indique le repassage : trois points pour une température élevée, deux pour moyenne, un pour basse, barré pour interdit. Un fer avec une croix sous la base signifie « sans vapeur ».

Les autres symboles se lisent de gauche à droite : le bac pour le lavage, le triangle pour le blanchiment, le carré pour le séchage, le cercle pour le nettoyage professionnel. Une barre sous un symbole indique un traitement modéré, deux barres un traitement très doux.

Repasser moins

Trois habitudes suppriment une grande partie du travail. Sortir le linge du lave-linge dès la fin du cycle et le secouer vigoureusement avant étendage : c'est le froissement en tas humide qui crée les plis les plus tenaces. Étendre sur cintre les chemises et les vêtements structurés. Et ne pas surcharger le tambour, ce qui empêche le linge de se déplier pendant le lavage.

Le sèche-linge, réglé sur un programme « prêt à repasser » et vidé aussitôt, laisse un linge nettement plus lisse qu'un séchage complet. Le défroisseur vapeur, enfin, ne remplace pas un fer sur le coton mais suffit largement pour rafraîchir une veste, un rideau ou une robe.

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